Milan et ses environs : quatre jours pour un aperçu

L’été semble déjà dater d’une autre époque, et pourtant il y a tout juste quelques mois le climat se prêtait agréablement à diverses promenades et randonnées printanières. Si jamais vous vous sentiez gagné par le grisou de l’automne, laissez-moi donc vous faire voyager un peu dans le temps et dans l’espace : le printemps touche à sa fin, le mercure se rapproche de températures estivales, vous sentez venir cette délicieuse période de l’année où l’on a des projets plein la tête… Et si vous commenciez par partir en vacances ? Cette idée m’aura mené à Milan et ses environs : quelques jours pour m’imprégner de l’atmosphère vive et chaleureuse de l’Italie du nord.

En toute honnêteté, ces premiers pas en Italie auront été bien éloignés des images d’Epinal sur cette terre ensoleillée, puisqu’à l’arrivée, c’est un mélange de grisaille et de bruine qui nous a accueillis à la sortie de l’aéroport. Autant vous dire qu’en ayant quitté Lille à 3h du matin en espérant abandonner (enfin !) les nuages lillois, ce n’est pas exactement ce à quoi je m’attendais. Qu’à cela ne tienne, il en faudra plus pour entamer la bonne humeur de début des vacances. En route ! Arrivés par avion à Bergame, la navette de l’aéroport nous dépose au centre-ville une petite vingtaine de minutes plus tard. Nous nous mettons en quête d’un café où petit-déjeuner, tout affamés que nous sommes, mais très vite je suis frappée par le contraste entre cette préoccupation pour le moins prosaïque et la majesté des bâtiments qui nous entourent. Tout est colonnades, galeries, piliers, taillés dans d’imposants blocs de pierre qui donnent l’impression d’être tout petit en comparaison.

Avis aux amateurs de chocolats chauds : ne faites pas comme moi, n’oubliez pas de réclamer du lait au moment de commander… où vous risquez de vous retrouver avec une tasse de chocolat fondu. Tout chaud. Très épais. Et absolument imbuvable sans un nuage de lait !

Bergame, les vestiges d’une ville médiévale

Après cet intermède petit-déjeuner, nos pas nous mènent en direction de la Città Alta, le Haut-Bergame. Une autre facette de Bergame s’offre alors à nos yeux : celle d’un Bergame ancien, à l’allure médiévale, avec ses rues grossièrement pavées, ses anciens lavoirs abandonnés, et bien sûr ses remparts exceptionnellement bien conservés, qui rappellent au visiteur que la ville haute fut en son temps conçue comme une citadelle imprenable. D’en haut, on a en effet une vue imprenable sur la ville, et ses environs vallonnés. L’ambiance est différente aussi : si l’omniprésence des pierres reste de mise, les immeubles se parent de couleurs vives qui créent une atmosphère très chaleureuse, avec leurs balcons en fer forgé et largement ornés de fleurs.

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Enfin, souvent très impressionnantes par leur architecture et leurs ornements mais parfois aussi modestes et presque cachées, vous pouvez être certains que vous croiserez des églises à tous les coins de rues. C’est ainsi que nous sommes tombés, au hasard de nos déambulations, sur la Cathédrale de Bergame, d’un blanc qui semble presque immaculé par contraste avec le gris des pierres aux alentours, et la Chapelle Colleoni avec ses motifs en trompe-l’œil sur sa façade.

Côme ou le cliché de la dolce vita

Bien décidés à profiter du soleil enfin de retour, nous décidons pour notre deuxième journée de nous rendre à Côme, profiter du lac, des glaces, et de toute autre distraction bienvenue après des mois d’hiver ! Sur les abords du lac, de magnifiques villas s’empilent à flanc de montagne ; lieu de villégiature de la jet-set italienne (ou pas d’ailleurs, pour info George Clooney possède lui aussi une demeure au bord du lac…), Côme semble tout droit sortir d’un film jouant sur tous les clichés de la dolce vita et de l’élégance à l’italienne : tout est flamboyant, jusqu’aux arbres entourant le Tempio Voltiano (le temple dédié au physicien Volta -originaire de Côme- et à ses travaux sur l’électricité), taillés en forme de cloche et strictement identiques les uns aux autres.

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Quelques pas en direction du centre-ville nous mènent à la Cathédrale Santa Maria Assunta, dernière cathédrale gothique construite en Italie. La façade extérieure, donnant sur une petite place qui n’offre que peu de recul, semble particulièrement imposante, d’autant plus qu’il faut vraiment lever la tête pour admirer l’édifice dans son ensemble. Pour autant le style intérieur est moins chargé et coloré que ce à quoi l’on pourrait s’attendre : peu de dorures, de moulures et de mosaïques ; l’ensemble est dominé par les pierres, et quelques touches de bleu. Loin de donner une impression de simplicité, c’est une réelle majesté qui se dégage de cette cathédrale.

Milan, capitale de la mode mais pas que

Pour nos deux derniers jours, nous décidons de rester à Milan. Il y a tellement à voir et à faire qu’il est impossible de tout passer en revue, mais qu’il est difficile de choisir ! Un point fait l’unanimité : inimaginable de quitter Milan sans être allés au Duomo, ou la Cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge de son nom français (et assez peu usité, allez savoir pourquoi). Nous arrivons sur la piazza del Duomo, et la troisième plus grande église du monde se dresse face à nous dans toute sa splendeur, avec ses 135 flèches et sa pointe qui culmine à quelques 108 mètres. Nous nous mettons à faire la queue pour rentrer dans l’édifice, et je dois dire que nous sommes quelque peu décontenancés par l’aspect commercial que prend la visite : un ticket à partir de quatre euros, une fouille des sacs à l’entrée, et bien entendu les hordes de touristes avec leur guide qui déambulent à l’intérieur, créant une joyeuse cacophonie de langues qui se mélangent.

De la piazza del Duomo, vous ne pourrez pas manquer la Galleria Vittorio Emanuele II, son arc de triomphe, ses boutiques de luxe fourmillant de touristes asiatiques et, au centre, ses dizaines de têtes levées pour admirer la coupole de verre et de fer. En traversant la galerie, nous tombons sur le Teatro alla Scala, l’opéra de Milan. Si le lieu est accessible au public hors répétition, il faut reconnaître que la visite se boucle rapidement après un tour de quelques salles somptueuses, parsemées d’anciens instruments, costumes et tableaux des vedettes d’opéra de jadis ; et bien sûr, un aperçu de la salle d’opéra. A moins d’être un passionné d’opéra, les cinq euros de la visite (prix étudiant) ne se justifient pas forcément, si ce n’est pour le plaisir d’observer l’envers du décor.

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Pour changer de registre, il serait dommage de passer à côté du Musée des sciences et des techniques Léonard de Vinci, qui malgré son nom peu vendeur enchantera petits et grands. Des reconstitutions des créations de Léonard de Vinci aux collections modernes sur l’espace, l’industrie, la TV, la radio et le téléphone en passant par les hangars regroupant anciens bateaux, locomotives et avions grandeur nature (et que dire du sous-marins qu’il est possible de visiter à certains horaires !), interactif, immersif sans oublier d’être instructif, ce musée réussit le tour de force de vous occuper pendant des heures sans que la visite ne paraisse longue. Les amateurs d’arts seront comblés avec la Pinacoteca de Brera et la Pinacoteca Ambrosiana.

Milan est bien trop riche pour en faire le tour en quelques jours, mais en vrac : nous avons eu l’occasion de nous rendre au Château des Sforza, forteresse devenue la résidence des ducs de Milan avant d’être transformée en musée qui abrite entre autres des collections d’art ancien, d’instruments de musiques et d’anciens manuscrits. Le parc du château est propice à la promenade ou au pique-nique ; impensable aussi de ne pas aller flâner le long des canaux de Milan en fin de journée, de s’asseoir à une terrasse en se laissant emporter par l’ambiance à la fois authentique et branchée des navigli.

Enfin parlons peu, parlons bien, inutile de vous dire que vous dégusterez probablement en Italie les meilleures pizzas, glaces et pâtes de votre vie, mais s’il y a une adresse à ne pas manquer à Milan pour déguster de délicieux gnocchis et autres mets typiquement italiens à des prix raisonnables, c’est au Trattoria Nerino Dieci. Réservez absolument, la salle n’est pas très grande et remplie de locaux qui seront surpris de votre présence. Le conseil du gourmant ? Les turanici al pomodorino fresco in forma di grana, promis vous en aurez plein les pupilles et les papilles ! J’ai piqué votre curiosité ? Tant mieux, mais je ne vais quand même pas vous gâcher la surprise…

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